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La semaine dernière nous avons compris que l’appel que reçoit le héros n’est pas toujours entendu. S’il est parfois un appel à sortir d’une situation difficile, il est aussi la perspective d’épreuves ou en tout cas d’un changement pour lequel nous ne sommes pas toujours prêts.


Christian - Bonjour Alexis, quelle est ta météo du jour ?


Alexis - Et bien je me sens bien. Je suis content d'arriver à dépasser les contrariétés qui ne manquent pas de se produire en ce moment. Et je vois aussi combien il est précieux pour moi de pouvoir sentir en moi circuler l'énergie et ainsi me sentir fort et en confiance, quoiqu'il arrive. Et toi comment te sens-tu ce jour ?


Christian - La semaine a été riche d'expériences diverses. Je suis actuellement occupé à faire des travaux chez ma fille et je dois dire que cela me réjouit. Pour le reste, je suis comme toi, tout n'est pas simple au dehors, mais au dedans le capitaine est à la barre.


Alexis - Le capitaine au cœur grand ouvert, en effet. Tu te souviens que l'on avait traité la semaine dernière de l'étape de l'Appel que reçoit le Héros plus ou moins contre sa volonté.

Cette semaine, je voudrais insister sur ce point. C'est pour cela que cette deuxième étape s'appelle le Refus de l'Appel.


Christian - Pourquoi le personnage refuse-t-il de devenir un Héros. C'est plutôt une belle promotion de pouvoir quitter sa petite vie pour partir à la conquête du trésor, de la princesse et de la gloire, non ?


Alexis - Hihi, ce serait cela, si la quête était évidente dès le départ. On raisonne de cette manière-là parce que nous connaissons l'histoire. Mais le personnage, au début, avant d'avoir fait le chemin, et d'avoir fait l'expérience de ce processus, il ne sait pas ce qui va lui arriver. Il est face, au mieux, à une grande inconnue qui lui fait peur tant elle est vide de repères et de sens. Parfois c'est pire, il sait, comme c'était le cas pour le Héros de l'antiquité, qu'il doit affronter un destin nécessairement tragique. Donc, c'est clair qu’il n’a pas vraiment envie d'y aller. Il a la trouille car il pense qu'il peut y perdre la vie. Il préfère rester tranquille sur son canapé, car ça au moins c’est connu.


Christian - Tu le présentes comme un couard. Mais c'est peut-être surtout un individu inconscient. Il méconnaît sa réalité et son pouvoir. Il a peur parce que la quête lui paraît impossible.


Alexis - Oui et c'est difficile pour lui car il a peur. Tu as raison, il ne faut pas entendre un jugement de ma part quand je dis qu'il a peur. C'est une réalité. La peur est une émotion normale et salutaire car elle nous renseigne qu'il y a quelque chose de dangereux dont il faut se prémunir. Elle nous invite à la prudence. Là où elle devient pathogène et constitue un frein important pour notre développement, c'est quand elle conditionne toute notre vie. Elle a un effet délétère sur nos fonctions physiologiques et sur notre psychologie.


Christian - On dit bien que la peur est mauvaise conseillère !


Alexis - Oui et actuellement on voit bien à quel point c'est le cas. La peur du virus nous entraîne à accepter n'importe quoi, on ne réfléchit plus. La peur paralyse et bloque notre capacité de réflexion. C'est aussi la porte d'entrée idéale à toutes les manipulations et tous les abus d'autorité. Nous en voyons malheureusement une belle illustration tous les jours.


Christian - C'est en cela que le Voyage du Héros, en tant que processus de maturation est intéressant. Il va amener le personnage à affronter différentes épreuves et ainsi, il va déjouer sa peur en comprenant, petit à petit, qu'il peut être plus fort que sa peur.


Alexis - Ou plus exactement, il va cesser d'alimenter les scénarios qui lui font croire qu'il y a des dangers plus grands qui l'attendent plus loin alors que ce n'est qu'une totale fiction. En allant jusqu'à affronter le dragon, il va réaliser que même au seuil de la mort, il n'y a finalement rien à craindre. Mais j'anticipe. Revenons à ce refus de l'appel. Comment se manifeste-t-il chez les clients qui viennent te voir ?


Christian - Comme c'est le cas dans le processus d'initiation, il y a deux refus de l'appel à distinguer. Le premier cas est celui où la personne refuse d'entendre l'appel qui lui est adressé. Elle ne l'entend simplement pas, ou ne réussit pas à en entendre le sens réel. Elle croit qu'on l'invite à faire un chemin extérieur alors que le vrai challenge est intérieur. Du coup, elle bouge, oui, mais pas sur le bon chemin. C’est une voie sans issue.


Alexis - Et l'autre cas, c'est quand le Héros a accepté de se mettre en mouvement et qu'il doit commencer par trouver le maître qui va lui enseigner ce qu'il doit savoir. Le maître c'est toi Christian ?


Christian -Hein ? Non. Moi je ne suis que le mentor. Mais c'est vrai que c'est ce que l'on voit dans certains parcours professionnels.

Par exemple, Isabelle, dont on parlait la dernière fois. Sa quête a commencé lorsqu'elle a décidé de se lancer dans les soins ayurvédiques. Il lui a fallu trouver une école pour se former. Cela n'a pas marché du premier coup. Son dossier a tout d'abord été refusé. Cela a été une vraie épreuve pour elle. Devait-elle en déduire que ce métier n'était pas fait pour elle ? Ou bien persévérer en s'engageant de manière plus entière dans sa quête? C'est en cela que le refus de l'appel est parfois vu comme le refus du maître à accepter que le personnage devienne son élève et s'engage ainsi dans la voie du Héros.


Alexis - Je me souviens dans "Le guerrier pacifique", le roman initiatique de Dan Millman, c'est le cas. Il faut d'abord que le personnage reconnaisse le maître puisque celui-ci l'accepte. Mais chut, je ne veux pas spoiler la suite... On regardera la suite la prochaine fois, si tu veux bien.


Christian - Oui la semaine prochaine nous verrons comment le Héros va "Franchir le seuil". Bonne semaine !


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